NORMAND RAJOTTE

1952 - Né à Drummondville. Vit à Montréal et travaille en Estrie. / Born in Drummondville. Live in Montreal and work in Estrie, Québec.

 

(English follows)

Depuis près de vingt ans, j’ai porté mon attention sur une région boisée de quelques kilomètres carrés située au sud-est du Québec (Mont-Mégantic). De façon assidue, j’arpente ces lieux, saison après saison, année après année, attentif aux signes de changement qui vont de l’avancée de la végétation aux traces laissées par l’activité animale. 

 

Délaissant recherches ou documentation préalables, mon approche est avant tout centrée sur une observation serrée des choses. Cette démarche intuitive m’a graduellement amené, au cours de mes itinéraires, à redéfinir mon rapport à la nature. Avec le temps, un lien d’intimité s’est créé entre moi et ce territoire. L’évolution des lieux que j’y observe va de pair avec ma propre évolution et de faitse transpose dans mon travail. Le défi, vu les mêmes lieux revisités, est de renouveler mon regard de façon à demeurer ouvert à ce que je croise. Des découvertes en entrainent d’autres, de nouvelles pistes se dessinent au fur et à mesure de mes explorations. Je deviens en quelque sorte le témoin des lieux et le gardien des traces captées parla photographie. 

 

« Bien qu’il s’agisse de paysage comme grand thème, ily a chez Rajotte cette dimension intimiste et méditative de territoires scrutés dans ses moindres replis, dans le creux des surfaces et des matières, et dont la représentation va bien au-delà du visible. Nous ne sommes plus dans la description d’un paysage comme tel, mais dans son potentiel suggestif où s’articulent mystère, étrangeté et découverte. Cette démarche singulière s’apparente à celle de l’explorateur. Elle rend compte d’une expérience, perceptive explorant la finalité de notre propre regard sur les choses » 

Mona Hakim, historienne de l’art.

 

Photographe autodidacte, dès ses débuts il opte pour le documentaire. Cette approche directe marquera durablement sa pratique par la suite. En 1978 parait, aux Éditions Ovo, Transcanadienne Sortie 109, un essai sur le quotidien d’une ville ouvrière, la sienne, Drummondville, dont il est coauteur. C’est l’un des rares projets à faire l’objet d’une publication à cette époque. 

Au début des années 1980 s’opère un virage. Par le biais du paysage, il adopte une démarche plus introspective axée sur la conscience de soi et un rapport renouvelé à la nature. Plusieurs séries en découleront : Dans les coins oubliés, à la recherche des dieux tranquilles (1983-1988); Des après-midi sans bruit (1989-1993); Entrer dans les terres (1997-1998). Elles feront l’objet de plusieurs expositions et seront réunies sous forme d’extraits dans un ouvrage intitulé Marcher sa trace, paru en 2004, aux Éditions Les 400 coups (Montréal). S’ensuit la série Comme un murmure (2004-2011), présentée au Mois de la photo de Montréal 2011 et publiée aux Éditions Kehrer en 2016 (Heidelberg). Plus récemment, furent créées les séries Le chantier (2010-2014) et Carcasse (2015-2017).

Depuis 1997, son investigation photographique se porte exclusivement sur un territoire circonscrit, le lot no 126, une forêt en contrebas du mont Mégantic, au sud-est du Québec. Une nouvelle série y est en cours.

Dès la fin des années 1970, son travail a été soutenu par le Conseil des Arts du Canada et le Conseil des arts et des lettres du Québec. Ses œuvres figurent dans plusieurs collections particulières et publi-ques au Québec et au Canada, dont le Musée canadien de la photographie contemporaine (Ottawa), le Musée national des beaux-arts du Québec (Québec), le Musée des beaux-arts de Montréal, le Musée McCord ainsi que dans des collections d’entreprises telles les collections d’œuvres d’art d’Hydro-Québec et de Desjardins.

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For almost twenty years, I have focused my attention on a few square kilometers of wooded area at the foot of Mont Mégantic near La Patrie, a village in south-eastern Québec, Canada. I walk through this site, season after season, year after year, looking for signs of change; from the growth of vegetation to the traces left by animal activity. 

Leaving behind prior research or documen-tation, my approach primarily focuses on the close observation of things. This intuitive practice gradually led me to redefine my relationship to nature. With time, an intimate bond was created between this territory and myself. The evolution that I observe in these places aligns itself with my own, and is thus transposed into my work. Given the reoccurrence of this land in my practice, I am continuously challenged with renewing my gaze so as to remain open to what I encounter. Discoveries lead to others; new paths emerge as I continue my explorations. I become, in a way, the witness of the land and the guardian of the traces that I capture photographically.

“While he uses the landscape as an overarching theme, there is, in the subtleties of Rajotte’s work, an intimate and meditative dimension of the territory. It exists in the hollows of the surfaces and materials; whose representation goes far beyond the visible. We are no longer faced with the objective description of a landscape. Rather, we encounter its suggestive potential where mystery, strangeness, and discovery are articulated. This singular approach is most akin to that of the explorer. He depicts a perceptive experience that explores the finality in our own observations of things.”

- Mona Hakim, Art Historian.

A self-taught photographer, his practice began in the social documentary genre.  This direct approach has endured throughout his practice. ​

In 1978, Éditions Ovo published an essay, Transcanadienne Sortie 109, on the daily life of Drummondville, his own working-class city, of which he was the co-author. This project was one of the rare publications of this sort for its time. 

In the early 1980s,  Rajotte adopted a more introspective approach focused on self-awareness and a renewed relationship to nature through landscape photography.

With this new approach he produced several series: Dans les coins oubliés, à la recherche des dieux tranquilles (1983-1988); Des après-midi sans bruit (1989-1993); Entrer dans les terres (1997-1998). These series would be the focus of several exhibitions, and many excerpts of these works later went on to be included in a book titled Marcher sa trace, published in 2004 by Éditions Les 400 coups (Montreal). The series, Comme un murmure (2004-2011), was presented notably at Mois de la photo de Montréal 2011 and published by Editions Kehrer in 2016 (Heildelberg). More recently, Rajotte has completed two new series: Le chantier (2010-2014) and Carcasse (2015-2017).

Since 1997 Rajotte's work  has focused on lot no. 126, a single area of forest at the foot of Mont Mégantic in the Eastern Townships.  He has spent time exploring this area for many years.   He is currently working on a new series.

His work has been supported by the Canada Council for the Arts and the Conseil des arts et des lettres du Québec, since the late 1970s. His photographic work appears in many private and public collections in Quebec and throughout Canada, including the Canadian Museum of Contemporary Photography (Ottawa), the National Museum of Fine Arts of Quebec (Quebec), the Montreal Museum of Fine Arts and McCord Museum. Rajotte is also well represented in major corporate collections including Hydro-Québec and Desjardins.

Lot no 126

Carcasse

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Le Chantier

Comme un murmure

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