Fenêtre oubliée

Laurence Hervieux-Gosselin

exposition

du/from 09-03 au/till 09-26

lieu

Produit Rien

6909, rue Marconi, Montréal

heures d'ouverture

mercredi au samedi

de 11 à 17 h

 

ou sur rendez-vous

info@lacastiglione.ca

514-278-0434

Laurence Hervieux-Gosselin - Info

©Laurence Hervieux-Gosselin, Jérémy dans la fenêtre, 127 x 101,6 cm, 2018

Communiqué de presse / Press release

 

 

(English follows)

Fenêtre oubliée rassemble des photographies tirées de la série Cité de Marie, une vision surréelle de paysages enneigés de la région des Laurentides, et d’autres œuvres. Ces dernières, bien que prises en d’autres lieux et saisons, viennent renforcer ce sentiment d’étrangeté. L’iconographie de la banlieue et de la campagne est omniprésente à travers les images, alors que se succèdent bâtiments agricoles, enseignes, maisons et palissades. S’y intercalent parfois des personnages mis en scène dans des moments qui s’apparentent à une rêverie suspendue, dans une séquence non linéaire, ponctuée de fenêtres diaphanes ou transparentes. 

 

Par différents procédés, tels une surexposition contrôlée et l’utilisation d’un éclairage artificiel, je mets en lumière des scènes qui pourraient sembler quelconques à première vue. J’emploie la caméra comme une loupe magique qui scrute façades, individus, stationnements et terrains vagues dans une tentative de rendre sublime le soi-disant banal. Introspectives, les photographies résultant de ces explorations font écho à des profondeurs psychologiques, nous ramenant vers des souvenirs intérieurs plutôt qu’au monde physique qu’elles représentent. 

 

Pont visuel entre l’intérieur et l’extérieur, la fenêtre, motif récurrent dans mon œuvre, unit symboliquement ces photographies. Structurant notre perception du réel et nous renvoyant parfois notre propre reflet, la fenêtre a le pouvoir de dissimuler ou de dévoiler. Elle exacerbe les tensions entre l’obscur et l’éblouissant, la surface et la profondeur, le cadre et le hors-champ, le regardeur et le regardé ou le monde apparent et l’expérience personnelle.

 

Entre les murs de Produit Rien, les photographies deviennent elles-mêmes des fenêtres, voire des portails vers un monde décalé. Dans l’espace, le spectateur devient à son tour sujet de ces dynamiques, alors qu’il est face à une narration fragmentée et ouverte à l’interprétation.

Laurence Hervieux-Gosselin

 

 ***

 

 

Fenêtre oubliée compiles photographs from Cité de Marie, a series offering a surreal vision of the Laurentians during wintertime, and other works. While shot in other places and seasons, the latter reinforce this uncanny feeling. The iconography of suburbia and the countryside is ubiquitous through the exhibition, as agricultural buildings, houses, fences and signs follow one another. Characters caught daydreaming sometimes appear, in a non-linear sequence, punctuated by diaphanous or transparent windows.

 

Through different processes, including controlled overexposures and the use of artificial lighting, I portray scenes that might appear banal at first glance. I use the camera as a magic lens that scrutinizes surfaces, people, parking lots and vacant fields, in an attempt to bring out the sublime in the so-called mundane. The introspective photographs resulting from these explorations echo psychological depths, taking us back to internal memories rather than to the physical world they represent.

 

As a visual bridge between outside and inside, the window, a recurring motif in my work, symbolically ties together the photographs. Structuring our perception of the real and sometimes showing us our own reflection, the window has the power to reveal or to conceal. It exacerbates the tensions between gloomy and luminous subjects, the shallow and the deep, the inside and outside of the frame, the watcher and the watched, or the outside world and personal experience. 

 

Between the walls of Produit Rien, the photographs themselves become windows, or even portals to an offbeat world. In the space, the viewer becomes entangled in these dynamics while facing a fragmented narrative that is open to interpretation.

Laurence Hervieux-Gosselin